Jeudi 24 septembre 2026 à partir de 18 h.
Une peinture incarnée
La peinture d’Aurélien Hild ne cherche pas à être silencieuse. Elle avance par poussées, par accidents, par recouvrements. Elle garde quelque chose du corps qui l’a produite. Cette dimension physique permet de regarder son travail à travers le prisme de l’expressionnisme et, plus largement, du néo-expressionnisme : une peinture qui refuse de disparaître derrière son sujet et qui revendique au contraire sa matérialité, son énergie et sa subjectivité. Chez Hild, la peinture est une action.
Le geste devient une trace. La trace devient mémoire. La mémoire devient matière.
Son parcours est également marqué par le graffiti, l’abstraction américaine et le Gutaï, références qui éclairent cette relation directe entre le corps, le geste et la surface. Mais l’expression n’est jamais pure démonstration. Elle est traversée par une interrogation plus profonde : qu’est-ce qui demeure de nous dans la matière ?
La peinture devient alors moins une représentation du monde qu’une tentative de passage entre deux mondes : celui que l’on voit et celui auquel on croit.
C’est peut-être là que l’expressionnisme d’Aurélien Hild rejoint sa foi. Dans les deux cas, il s’agit de rendre visible quelque chose qui ne l’est pas immédiatement.
